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La santé au sens Large

October 4, 2016

De nos jours, en terme de santé, nous sommes sur-informés. Il y a des bonnes informations (celles qui nous font avancer vers un meilleur état d'être) et des moins bonnes (celles qui nous maintiennent, voire nous font reculer dans un mauvais état d'être). Pour tirer le meilleur partie de cette situation, nous devons apprendre à faire le tri en fonction de ce qui nous convient et de ce qui ne nous convient pas.

 

 

La première étape consiste donc, encore et toujours, à mieux se connaître. Pour cela, prenons la posture d'observateur et mettons-nous à communiquer avec nous-même, en toute bienveillance (sans nous juger) et avec honnêteté (au plus proche de notre réalité). Ensuite, en fonction de notre niveau de conscience, nous serons capable de prendre le recul nécessaire au discernement et à la compréhension de notre intériorité telle qu'elle se présente aujourd'hui, pour tendre vers un état d'être tel que nous souhaiterions qu'il soit. Je ne traiterai pas ici de tous les dommages irréversibles causés par accident.

 

Je considère globalement la "mal à dit" comme un conflit intérieur qui ne demande qu'à être révélé. Par notre attention consciente et l'écoute de notre corps, de notre tête et de notre être tout entier, nous nous mettons face au vrai choix dont nous disposons dans cette vie : accepter les choses telles qu'elles sont ou chercher à les améliorer, ce qui revient à dire : être victime ou acteur de sa vie. Ainsi, tout au long de ce chemin, il est important de mesurer notre propre responsabilité dans notre processus d'évolution positive, qui commence par « je veux » et « je peux ». Le comment n'est souvent qu'une affaire de judicieux conseils qui suivent naturellement et généralement l'intention juste.

 

Tout cela est bien théorique et général. Général, c'est l'objet de ma démarche mais la théorie n'est pas suffisante à mes yeux sur le chemin de la vie. Il faut avant tout et surtout de la pratique. Appliquons donc ces idées au cas de la Santé au sens Large (ou de son complémentaire, la maladie) et parlons du processus de guérison, je dirais mieux, du processus d'auto-guérison.

 

Notre début de parcours sera donc de nous interroger sincèrement, à chaque étape, à deux niveaux :

  • « Est-ce que je veux vraiment guérir ? » Si la réponse est hésitante ou manque de netteté, il ne faut pas hésiter à explorer les raisons personnelles qui m'incitent à rester dans la maladie ou le mal-être. Il faut être capable de déterminer clairement mon objectif de guérison (à quel niveau je souhaite aller mieux), ainsi que mon intension de guérison (ma motivation, mon envie d'aller mieux). Je peux par exemple poser par écrit ce que j'estime qui mal chez moi et vers quel état je souhaiterais aller. Puis évaluer, sur un échelle de 0 à 10, ma motivation à atteindre ce nouvel état. Ce travail me permettra d'explorer mes résistances plus ou moins conscientes à aller mieux, en y faisant face. C'est la base de tout, c'est essentiel !

  • « Est-ce que je peux guérir ? ». Si je pense que non, autant ne pas entamer le chemin qui ne ferait que m'user davantage. Peut-être ai-je besoin de quelqu'un, d'un ami, un collègue, un professionnel, une lecture ou autre ? Ouvrez vous aux autres, communiquez, des possibilités pourront alors se présenter.

Cette première démarche introspective rejoint la théorie de l'espoir (Irving Snyder, 1994) qui distingue trois facteurs dans cette notion : la clarté du but à atteindre, la capacité à imaginer le chemin à parcourir pour atteindre ce but (les étapes, les embûches, etc.), la motivation à atteindre ces objectifs. Et il en faut de l'espoir pour aller mieux ! Il est intéressant de noter ici tout l'avantage d'avoir une vision optimiste des choses, c'est à dire le sentiment préconçu que l'on va y arriver. Sachez que l'optimisme peut s'apprendre (voir les travaux de Martin Seligman et les études en psychologie positive). En réalité, tout se joue au niveau du traitement de l'information, d'un point de vue cognitif et émotionnel (voir travaux de Tedeschi et Calhoun, 2004).

 

Ensuite, pour bien savoir comment se faire aider ou comment s'aider soi-même, il faut pouvoir identifier et comprendre les différents niveaux de conscience de la « mal à dit ». Je vais ici donner quelques pistes très synthétiques comme support de réflexion. C'est une sorte de carte globale, de plan d'actions possibles, chaque piste pouvant être explorée en profondeur lorsque cela est nécessaire et utile.

 

Au niveau physique (le corps) :

J'ai mal physiquement, il s'agit d'un blocage mécanique ou chimique de mon corps : consultez un médecin traditionnel dit allopathique.

J'ai mal dans mon corps, mais je sens qu'il s'agit plutôt d'un blocage énergétique, un problème circulatoire, quelque chose en lien avec mes sentiments et émotions (le cœur) : informez vous sur la médecine orientale, les médecines naturelles, etc. De nos jours, les techniques foisonnent dans ce domaine. La kinésiologie et le test musculaire me semble être un bon outil de diagnostic pour ce type de démarche. Renseignez-vous et trouvez l'outil qui vous correspond le mieux, celui avec lequel vous vous sentez le plus à l'aise, qui vous parle directement et qui sera sûrement le plus efficace pour vous.

 

Au niveau des pensées (la tête) :

Je ne me sens pas bien dans ma tête, ça ne tourne par rond, il y a un décalage entre ce que je voudrais vivre et ce que je vis : vous avez besoin d'explorer vos croyances, vos processus de pensée. Tout travail du type psychologique sera le bien venu. Les bouddhistes en ont fait leur priorité d'action. Je me permets ici de citer Lama Thoubtèn Yéshé, très inspiré pour transmettre son savoir dans ce domaine :

 

« De nos jours, les gens étudient et suivent des formations pour devenir psychologues. D'après le Bouddha, c'est à chacun de nous de devenir psychologue. Nous devrions tous connaître notre esprit ; vous devez devenir votre propre psychologue. De toute évidence, c'est possible. Chaque être humain a la capacité de comprendre son esprit. Lorsque vous comprenez votre esprit, le contrôle s'ensuit naturellement. ». « Aussi longtemps que vous suivez de votre mieux le chemin de la compréhension juste et de l'action juste, le résultat sera immédiat, simultané à l'action » (Devenir son propre thérapeute, Ed. Vajra Yogini, 2015).

 

Ensuite interviennent les niveaux supérieurs de conscience, ceux que l'on ne peut comprendre qu'après les avoir vécus, aussi profonds que subtils et puissants que petits. Certains thérapeutes ont abordés cette dimension dans leurs travaux. C'est notamment le cas de Viktor Frankl, emprisonné dans les camps de concentration nazis de 1942 à 1945. Il a développé le concept de logothérapie ou thérapie par le sens. Elle se distingue des théories explicatives de névroses liées à la frustration de plaisirs ou de religion imposée (Freud), ainsi que celles d'un complexe d'infériorité (Adler). Pour Frankl, il y a chez l'être humain une volonté de sens et certaines névroses pourraient s'expliquer par ce « vide existentiel ». On touche ici le domaine de l'âme. Pour le citer :

 

« Il fallait que nous changions du tout au tout notre attitude à l'égard de la vie. Il fallait que nous apprenions par nous-mêmes et, de plus, il fallait que nous montrions à ceux qui étaient en proie au désespoir que l'important n'était pas ce que nous attendions de la vie, mais ce que la vie attendait de nous. Au lieu de se demander si la vie avait un sens, il fallait s'imaginer que c'était la vie qui nous questionnait – journellement et à toute heure. Nous devions répondre non par des mots et des méditations, mais par de bonnes actions, une bonne conduite. Notre responsabilité dans la vie consiste à trouver les bonnes réponses aux problèmes qu'elle nous pose et à nous acquitter honnêtement des tâches qu'elle nous assigne. » (Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, Ed. de l'homme, 2013).

 

Parfois, un événement de la vie nous confronte un peu plus directement à la notion de mort. C'est alors que notre vision des choses peut changer du tout au tout...

 

L'ultime niveau de guérison surpasse la souffrance et même la mort puisqu'il est détaché du corps de chair. Il a trait à la notion de foi, comme un puissante lumière qui se met à illuminer la personne de l'intérieur et l'apaise au plus profond de son être, pour l'éternité. Rien ne sert de vouloir l'expliquer, juste savoir que ce niveau existe.

 

Mon amie Michèle Schwartz compare les différents corps (du plus dense au plus subtil) de l'être humain à « des poupées gigognes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Le corps physique les contient tous. Il ne faut pas les confondre avec les auras qui en sont les émanations. »

 

« Chacun de nous est semblable à une petite usine très complexe qui se perfectionne sans cesse dans le but de faire atteindre à notre conscience des degrés de plus en plus élevés.

 

1 - Bien que le corps physique soit le plus dense et la forme la plus primaire, il doit être grandement protégé car sans lui aucune expérience dans la matière ne serait possible.

2 - Quant au corps vital, étroitement lié au corps physique, il lui permet d'exprimer la vie et la nuit répare les dégâts qu’on occasionne à notre corps durant le jour.

3 - Le corps astral véhicule les émotions, les désirs, les passions, les sentiments de base comme la sympathie et l’antipathie. Il doit être fortifié et équilibré par des qualités, car les mauvais sentiments et les émotions négatives l’altèrent.

4 - Le corps mental inférieur se manifeste par l’intellect et le corps mental supérieur par l’intelligence. Ce dernier est le centre des pensées élevées, des intuitions fiables et contribue à la croissance spirituelle.

5 et 6 & 7 Le corps causal (ou corps spirituel) et les deux corps subtils supérieurs caractérisent l'Amour et les actions désintéressés à un niveau universel.

 

Les corps subtils inférieurs, sont reliés au monde extérieur. Ils doivent être purifiés et fortifiés par des qualités pour favoriser le développement des corps subtils supérieurs et s'unir à eux. Ces derniers œuvrent intérieurement et permettent à l'homme de se relier à sa parcelle divine.

Ces corps tiennent donc un rôle capital dans notre vie, non seulement au niveau spirituel, mais aussi psychique et physique, notamment en ce qui concerne la santé.

Tout étant lié, une faiblesse des corps subtils se répercute sur le corps physique et réciproquement. Par exemple, la peur (qui engendre des émotions et des pensées négatives), des exercices psychiques déstabilisants…, peuvent se solder à plus ou moins long terme par un problème physique : déficience cardiaque, dépression, maladie de peau, cancer… (pour en savoir plus sur son travail : http://evolution-et-equilibre.fr).

 

Ainsi, pour guérir, après la juste confrontation à la maladie, telle qu'elle est dans son état et sa symbolique, il ne suffit pas de "nettoyer" le problème pour enlever "le mal" (la souffrance), je pense qu'il faut aussi y apporter de l'énergie positive. L'énergie d'Amour, source spirituelle de toute régénération cellulaire me semble tout à fait appropriée. D'ailleurs, nous savons à présent que les méditations de bienveillance ont plus d'impact sur le corps que les méditations de pleine conscience. Nous en serons certainement encore plus à l'avenir sur ce sujet ;-) 

 

Pour conclure, je reprends les mots de Christophe André, médecin psychiatre qui fut l'un des premiers médecins français à avoir utilisé avec ses patients la méditation de pleine conscience et les techniques de psychologie positive : « Maintenant, c'est la vie qui va vous guérir. Mais à condition que vous l'abordiez avec un certain regard, que vous l'habitiez d'une certaine façon » (voir Le bonheur, c'est du bien-être plus de la conscience, article de Psychologie Positive magazine n°9, septembre et octobre 2016).

 

L'étincelle de Vie au fond de nous est plus forte que tout. Les conflits apparents ont toujours un sens positif, sources de prises de consciences constructives. Vous disposez du pouvoir de choisir en conscience vos propres solutions, c'est là votre vraie liberté d'être.

 

En espérant avoir été utile...


 


 

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